Histoires et Sous-Marins

Keroman

 Le 66ème congrès national des sous-mariniers Français

organisé par l’Amicale AGASM Narval

s’est déroulé à Lorient en septembre 2017

 

A l’occasion de ce congrès le Contre-amiral (2 s) Camille SELLIER a édité un article relatant l’histoire de la base sous-marine de Keroman

Au commencement était la base

L’escadrille des sous-marins de l’Atlantique

Les Pachas

Copyright 2017 – Reproduction même partielle interdite sans l’accord explicite de l’auteur de cet article


Histoire de l’AGASM

1940 Dès octobre, notre camarade J.-B. FOUQUET, ancien quartier-maître électricien du sous-marin l’O’BYRNE, dépose à la préfecture de Marseille une déclaration (enregistrée sous le numéro 14 672) de fondation de l’Association Nationale des Anciens des Sous-Marins. Mais, sur ordre gouvernemental, l’Association, à ses débuts, doit être dissoute.

1947 L’A.G.A.A.S.M. ayant reçu l’appui de l’Amiral LACAZE, ancien Ministre de la Marine, peut constituer son bureau sous la présidence de FOUQUET

1951 Enfin, l’A.G.A.A.S.M. commence une existence officielle : élaboration des statuts et d’un règlement intérieur agréés par le Ministre de la Marine, enregistrement par la Préfecture de Police sous le numéro 51 909 du 16 octobre 1951. Comme le précisent ses statuts dans l’article 2, L’Association a pour but essentiel de maintenir et de développer les liens de bonne camaraderie, d’entraide et d’amitié qui ont uni les membres au cours de leur existence de marin, par la vie commune à bord des sous-marins, de contribuer à l’éducation populaire et particulièrement de la jeunesse en l’orientant vers la Marine et ceci par les moyens dont dispose l’Amicale.

1952 L’A.G.A.A.S.M. s’affilie à la F.A.M.M.A.C, présidée alors par le Commandant de FOURCAULD, père de notre camarade disparu avec l’équipage du PROMETHEE. Un premier gala à Paris – qui sera renouvelé ensuite chaque année – témoigne de la vitalité croissante de l’Association. Malheureusement, le Président FOUQUET doit se démettre de ses fonctions pour des raisons de santé graves. Notre camarade COUTANT le remplace provisoirement, puis le Capitaine de Corvette Debeury

1953 Le Capitaine de Frégate Wacone prend la présidence de l’A.G.A.A.S.M

1954 – 1955 L’A.G.A.A.S.M est forte de 620 membres et les 1ères sections locales sont crées : Boulogne, Cherbourg, Le Havre, La Mede, Marseille et Nantes.

1962 Le CF Wacone quitte la présidence et il est remplacé par le Vice Amiral d’Escadre Rosset.

1963 Trois nouvelles sections sont crées : Kembs, Langon et Paris.

1965 Brest et Lorient créent leur section.

1973 Le VAE Rosset quitte la présidence et est remplacé par le Capitaine de Vaisseau Blanchard.

1979 Les sections adoptent des noms de baptême de sous-marins.

1986 Le CV Blanchard quitte la présidence et est remplacé par le Contre Amiral François.

1988 Les sections Kembs, Langon et Boulogne ont disparu, d’autres sections sont crées : Toulon, Champagne Ardennes et Tours.

1997 Le CA François quitte la présidence et est remplacé par le CA (2S) Mathey

2002 au congrès de Cherbourg, le CA (2S) Jean-Marie Mathey quitte la présidence et est remplacé par le Contre Amiral Jacques Blanc.

23 juillet 2005 L’A.G.A.A.S.M prend le nom de AGASM

2016 au congrès du Grau du Roy le CA Jacques Blanc quitte la présidence de l’AGASM et est remplacé par le Contre Amiral (2S) Dominique Salles.

L’AGASM compte aujourd’hui un bureau central et 21 sections appelées Amicales depuis le congrès de Nice en 2012, et compte environ 1450 membres.

Amicales: 01 Marsouin (isolés) ; 02 Poncelet île de France ; 03 Doris Dunkerque ; 04 La Créole Languedoc-Roussillon-Camargue ; 05 Espadon Haute Normandie ; 06 Bévéziers Caen ; 07 Ondine Cherbourg ; 08 Surcouf Saint Malo ; 09 Millé Saint Quay Portrieux ; 10 Sybille Trégor Perros-Guirec ; 11 Minerve Finistère ; 12 Narval Lorient ; 13 Émeraude pays de Loire ; 14 Saphir Sud-Ouest ; 15 Casabianca Bouches du Rhône ; 16 Rubis Toulon et Var ; 17 Pégases Nice Côte d’Azur ; 18 Le Glorieux Touraine Centre ; 19 Roland Morillot Grand Est ; 20 Perle Rhône-Alpes ; 21 Argonaute Midi-Pyrénées.

 


Insigne des sous-mariniers

Histoire de l’insigne des sous-mariniers.

En 1905 c’est à dire quelques années après la mise en service du 1er sous-marin français qui fut le « NARVAL », le ministre de la marine Thomson a institué un insigne pour les sous-mariniers. Cet insigne se composait à cette époque, de deux torpilles croisées avec foudres comme représentées ci-après.

 

Ces insignes étaient brodées avec du fil de laiton et les hélices des torpilles étaient faites par de minuscules rondelles du même métal. Ces insignes étaient placées sur la manche gauche des sous-mariniers et remplaçaient l’insigne de spécialité comme actuellement. Pour avoir le droit de porter cet insigne les sous-mariniers devaient avoir au moins deux ans d’embarquement et avoir réussi un examen oral et écrit passé devant un ingénieur mécanicien sur les connaissances générales du sous-marin qui comportent des connaissances approfondies sur tout ce qui touche à la navigation sous-marine comme les ballasts, régleurs, caisses d’assiette ventilation, moteurs de propulsion etc….etc….. Cet insigne est porté par les sous-mariniers jusqu’en 1946. (Les insignes présentés sont des retirages actuels).

Donc, après le 22 juin 1946, environ, il fut institué l’insigne des sous-mariniers comme celui représenté ci-après.

Où l’on voit que la cathédrale ou le massif (ou la baignoire) est en 2 parties et étaient délivrés toujours après examen aux titulaires et étaient à cette époque numérotés. Ces macarons sont portés sur la veste du côté droit et non plus sur la manche.

ci-dessus : Brevet élémentaire de sous-marinier ancien avec également la cathédrale en 2 parties mais ces macarons ne sont pas numérotés

ci-dessus : Brevet élémentaire de sous-marinier actuel

ci-dessus ; Brevet supérieur de sous-marinier actuel

ci-dessus : En 1974 l’amiral Joire-Noulens a voulu que les commandants de sous-marins aient leur signe distinctif, ce macaron comporte deux glaives croisés.


Souvenez-vous sur les classiques

Hommage aux anciens

Aurions nous la mémoire sélective pour nous souvenir que du bon côté des choses de la vie ? Sous-venez vous les anciens des « classiques » ce que disait notre chanson préférée :

« …

pour faire partie de cette élite
il faut savoir boire et chanter
comme on est pas certains de vivre
il faut savoir en profiter
et après tout
qu’est-ce qu’on s’en fout
car on s’en fout
tralalala, tralalala
après une plongée rapide ……… etc. ….. etc…. »

Souvenez-vous les Anciens !! Il fallait être aussi dotés d’une santé de fer et de nerfs en acier trempé !!!!

Souvenez-vous de ces appareillages le dimanche en fin d’après-midi, à l’heure du berger, quand certains se préparaient à prendre l’apéro, nous, on préparait notre bateau et on partait pour être à poste et fin prêts le lundi matin à disposition de l’Escadre ou de l’Aéro !

Souvenez-vous de ces quarts à la passerelle en pleine tempête, transis de froid et trempés jusqu’aux os malgré la serviette éponge qui servait de presse-étoupe autour du cou ; De ces heures interminables à subir stoïquement les assauts des paquets de mer ! Que c’est lourd un paquet de mer !!!

Souvenez-vous de ces vendredis soir quand les « Pingouins » ou l’Escadre nous souhaitaient un bon week-end et rentraient d’un coup d’ailes à leur base pour les uns ou à 25 noeuds au port pour les autres ! Nous, pauvres diables, on passait le week-end sur le rail à mener des attaques aux poste de combat sur des paisibles cargos et on répétait sans relâche les exercices de sécurité, histoire de passer le temps et d’empêcher l’équipage de tomber dans la routine !!!!

Souvenez-vous de la file d’attente des fumeurs au central, dans le courant d’air glacé qui descendait de la passerelle, nous étions tous impatients de grimper pour tirer une clope, serrés comme des sardines. Le maître de central quelque-fois obligé de faire la police !!!!

Souvenez-vous des embarquements ou débarquements de torpilles à peine arrivés à quai ! Les gars non concernés rentraient voir Maman, mais les baisés ? He bien, ils rentraient plus tard, une fois le boulot terminé !!! Heureusement le tiers de service nous donnait un coup de main pour démonter le poste avant ! Quelle solidarité !!!!

Souvenez-vous des séances de cinéma au poste AV le dimanche après-midi : on revoyait pour la Xème fois le même film ! Je crois bien avoir vu « Le voleur de bicyclette » de Vittorio de Sica une bonne vingtaine de fois ! C’est sans doute à cause de lui ci que je suis devenu allergique au vélo !!!

Souvenez-vous de cette atmosphère humide si spéciale à nos bateaux ! Ce mélange d’effluves de gas-oil, d’huile chaude et de sueur. Cette odeur qui vous imprégnait malgré les douches méticuleuses prises au retour à quai ! Cette odeur que nous ramenions à la maison où Maman nous accueillait avec un « Tu pues le sous-marin » avant d’avoir droit à un bisou !!!!

Souvenez-vous de ces retours à quai imprévus : nous avions à peine le temps de faire un bisou aux enfants ! Un calin vite fait bien fait avec Maman, avant de repartir en catastrophe avec une petite valise de linge propre !!!!

Souvenez-vous les Mécanos ! Des heures de quart passées dans le vacarme des diesels et dans une chaleur suffocante ! Vous en avez perdu des litres de sueur !!!!

Souvenez-vous de la « banette chaude » cette banette toute moite dans laquelle on se glissait à 4 heures du matin, l’oreiller encore humide de la sueur du copain qui vous avait relevé !!!!

Souvenez- vous de ces demi-tours dans la rade des Vignettes, alors que l’on voyait presque Castigneau ! Il fallait partir remplacer un autre bateau noir indisponible ! Pour combien de temps ? On en savait rien !! Nos familles ? même pas prévenues !!!! Elles l’apprendraient par le téléphone arabe !!!! On repartait en dissimulant notre frustration …..

Souvenez-vous de cette viande en conserve que le bouvier nous servait à table ! Elle n’avait rien d’appétissant, pas plus que les congelés-décongelés-recongelés (suite aus pannes récurrentes du compresseur de la chambre froide) accompagnés par des haricots verts cuits à l’eau de mer !!!

Souvenez-vous de ces heures de marche au schnorchel la nuit en pleine tempête ! Impossible de dormir avec le bateau qui roule bord sur bord ! Nos tympans qui jouent de l’accordéon ou qui se coincent à cause de ce putain de clapet, qui est plus souvent sous l’eau qu’au dessus ! Et nos sinus, qui lorsqu’ils sont malades nous donnent l’impression que notre tête va exploser !!!!

Souvenez-vous de la tension nerveuse qui régnait au central dans ces moments là !! Le Patron de central sur des charbons ardents pendant des heures !!! Se posant mille et une questions ! Suis-je trop lourd ? Suis-je trop léger ? Lourd de l’AV ? Lourd de l’AR ? etc. , etc. Les purges qui dégueulent à plein tuyaux … Le bouillonnement dans l’aquarium de la coupole … Les pompes d’assèchement en continu sur la caisse des purges, etc. , etc…. Le Maître de central toujours prêt à réagir au 1/4 de seconde à la moindre éventualité, et Dieu sait qu’il y en a eu des éventualités !!!! N’est-ce pas Daniel ????

Souvenez-vous que nous attendions qu’une seule chose dans ces situations : le hurlement du klaxon d’alerte qui allait enfin arrêter tout ce cirque et nous permettre de descendre nous reposer dans le silence des profondeurs ! Dormir !! Dormir ivres de fatigue !! Dormir en grand couplage pendant une heure ou deux pour récupérer un peu !! Dormir ? facile à dire !! Sauf quand le célèbre et tonitruant ronflement de « P’tit Fût » s’invitait dans le silence du poste AR !!! Il s’en suivait une avalanche de godasses dans la banette du malotru !!! Inimaginable le nombre de godasses qu’il a pu se ramasser sur la gueule !!!! Le nombre exact doit être astronomique !!! Il faisait plus de bruit qu’un Concorde au décollage !!! Et le boucan des GE lancés à pleine charge n’était que du pipi de chat comparé à son ronflement !!! Sacré « P’tit Fût » s’il n’avait pas existé, il aurait fallut l’inventer !!!

Souvenez-vous de ces transits au schnorchel sous menace aérienne !! Le clapet au ras des flots sur électrode haute, la dépression frôlant les 200 mbars, les incessantes alertes racket, les coupures de charge en catastrophe ! redisposer la cavalerie à chaque fois, relancer les GE !! Recommencer encore et encore !!! de jour comme de nuit !!!

Souvenez-vous de ces dangereuses reprises de vue sur le rail !!! Les barlus passaient quelquefois à nous friser les moustaches !!! Certains ont même eut l’outrecuidance de se permettre de nous « caresser » les aériens ou la cathédrale !!! Quel manque de respect !!! N’est-ce pas Cloclo ???

Souvenez-vous des alertes sur avarie de barre de plongée AR !!! La pointe négative impressionnant, les moteurs lancés en AR 5 et quelque fois la chasse HP au ballast 5 pour redresser « la bête » !! De jour comme de nuit !!!

Souvenez-vous de ces « 300 mètres, moteur AV 5, assiette -30 » on espérait qu’une seule chose : que la barre de plongée AR ne tombe pas en avarie, sinon … c’était le grand saut !!!

Souvenez-vous de ces moments terribles que nous avons vécu après les tragiques disparitions de nos copains !!! Ces sentiments de rage, d’impuissance et d’injustice. Impuissance, car nous savions très bien en partant à leur recherche que tout était fini et que nous pourrions rien faire !!! Strictement rien !!! Effroyable sentiment d’injustice, car nos copains, nos frères ne méritaient pas ça, NON !!! Ils ne méritaient pas une mort aussi atroce !!

Souvenez-vous qu’après ces recherches infructueuses, nous partions faire des « galipettes » et des « pirouettes » dans tous les sens : il ne fallait pas laisser l’équipage cogiter trop longtemps !!! il fallait garder la confiance dans les bateaux et dans les hommes !!!

Souvenez-vous de tout ce que j’ai oublié …..

Ce n’était pas le bagne, ni l’enfer, encore moins le paradis …

C’était tout simplement notre vie sur les « classiques ».

Quelque chose me dit qu’au fond de nous même, nous sommes un peu fier de l’avoir vécue !

Mais … aurions-nous pu vivre cette vie si particulière sans le consentement, le concours et l’abnégation de nos épouses et compagnes ? Elles qui ont toujours assuré pendant ces longues absences qui nous empêchaient de voir nos enfants grandir. Elles qui ont mouillé tant d’oreillers de leurs larmes pendant ces longues périodes de solitude, d’attente et d’incertitude. les épouses et compagnes des sous-mariniers sont tout simplement des femmes exceptionnelles !

Certaines ont malheureusement vécu un horrible drame lors de la disparition de leur maris ou compagnons qui étaient aussi nos frères. Notre peine était bien peu de choses comparée à leur incommensurable chagrin. Elles ont fait preuve d’un courage et d’une dignité exemplaires. Elles étaient magnifiques dans leur immense douleur.

Chapeau bas Mesdames, nous vous devons beaucoup !

A tous nos copains et nos frères qui ne pourront lire ces quelques lignes !

Guy CLAUER


Le Jolly Rogers

Origine du Jolly Rogers : crédit Christian Lecalard  Amicale Rubis

L’un des attributs des pirates les plus connu est le fameux drapeau noir appelé le « JOLLY ROGERS » dans les pays de langue anglaise. Son origine est incertaine, mais il semble qu’il fit son apparition au début du XVIIIème siècle. La première mention écrite que l’on connaisse figure dans une édition de 1724 de l’Oxford English dictionnary : Les Corsaires et Boucaniers naviguaient habituellement sous le pavillon de leur nation ou de celle qui les avait « commissionnés ».

Mais ils arboraient aussi parfois un drapeau rouge pour informer l’équipage d’un navire attaqué que s’il résistait il ne lui serait plus fait quartier après capture éventuelle. Ce drapeau était dit teint avec du sang lequel n’était probablement que de la peinture mais le rouge était en tout cas symbolique de l’égorgement à brève échéance.

L’apparition du drapeau noir fut signalée pour la première fois en 1700 par le Capitaine du H.M.S.0 POOLE attaqué au large de Santiago de Cuba par un pirate français du nom, peu français, d’Emmanuel Wynne. Celui-ci arborait un pavillon noir avec tête de mort, tibias croisés et aussi un sablier qui semble avoir été une symbolique intimation du peu de temps qu’il restait à l’adversaire pour prendre sa décision de combattre ou de se rendre. Les crânes et les tibias étaient un antique symbole de la mort, lequel n’était pas particulier à la piraterie. Il fut utilisé dans certaines armées européennes dès le XVIème siècle.

Certains de ces pavillons portaient sur leur champ un squelette tenant un sablier d’une main et un sabre de l’autre ; sur d’autres le squelette tenait en mains un sabre et un bol de punch ; parfois le drapeau était à fond blanc avec un squelette noir. Un des plus célèbres pavillons noirs de l’histoire de la piraterie fut celui de Bartholomew Roberts. Sur celui-ci, l’illustre flibustier était représenté lui-même, un sabre à la main et un crâne sous chacun de ses pieds. Au-dessous des deux têtes de mort figuraient les lettres A B H et A M H qui représentaient respectivement A Barbadiens et A Martiniquaws Head parce que Roberts en voulait tout particulièrement aux insulaires de la Barbade et de la Martinique.

Quel qu’ai été son dessin, l’intention du drapeau noir des pirates était le même que celle du drapeau rouge des boucaniers : frapper de terreur ceux qui le voyaient arborer.

L’expression « Jolly Rogers » qui désignait le pavillon noir pour les marins anglo-saxon est peut-être aussi d’origine française. Certains historiens croient que les boucaniers et pirates français de la mer des Caraïbes appelaient leur pavillon rouge : « Le Joli Rouge » en accentuant le « e » final, leurs confrères britanniques auraient déformé cette appellation en « Jolly Rogers » qui aurait été conservée pour le drapeau noir.

D’après une autre théorie, l’expression aurait pris naissance dans les mers de l’Orient. Les grands chefs hindous de Caxnamore qui étaient des pirates notoires, portaient le titre tamil d’ALI RAJA qui signifiait Roi de la Mer. Ils arboraient eux aussi un drapeau rouge, et les pirates anglais proclamaient souvent qu’ils régnaient eux aussi sur les mers. Le mot RAJA était fréquemment déformé en ROGERS par les marins du XVIIème siècle. C’est ainsi que ALI RAJA devint peut-être ALLY ROGERS, puis OLLY ROGERS et finalement JOLLY ROGERS ou OLD ROGERS, cette dernière expression était couramment employée comme surnom du drapeau noir des pirates.

Il est aussi des linguistes qui pensent que la désignation vient plus simplement du vieux mot anglais « ROGERS » désignant un vagabond ou un chenapan.

Le plus sage, en l’occurrence est de s’en remettre à la prudente conclusion de la plupart des grands dictionnaires anglais et américains : Origine incertaine.

JOLLY ROGERS ATTRIBUÉS AUX SOUS MARINS FRANCAIS

Trois sous-marins ont eu l’attribution du Jolly Rogers :

  • Le sous marin mouilleur de mines « RUBIS » au sein de la 9ème Flottille de sous marins Britanniques basé à DUNDEE en ÉCOSSE de 1940 à 1945.
  • Le sous marin « CURIE » au sein de la 10ème Flottille de sous marins Britanniques basé à MALTE de 1943 à 1945.
  • Le sous marin « CASABIANCA » au sein de la 8ème Flottille de sous marin Britanniques basé à ALGER de 1942 à 1945.

JOLLY ROGERS DU CASABIANCA (1942 – 1945)

En 1943, le commandant de la 8ème flottille des sous-marins britanniques, basé à Oran, décerna au Casabianca le symbolique pavillon « Jolly Roger » à tête de mort pour commémorer les actions du bâtiment.

Le « Jolly Rogers » était arboré après chaque mission réussie.

Les missions secrètes sont marquées par une dague ou cimeterre.

Pour tout bâtiment de guerre coulé à la torpille : une bande rouge horizontale. Pour tout bâtiment de commerce coulé à la torpille : une bande blanche horizontale.

Un disque noir indique l’impact. Un bâtiment coulé au canon est signalé par deux canons entrecroisés.

L’étoile rouge cousue entre les deux canons signifie un bâtiment de guerre.

La Corse avec un point rouge indique le débarquement de 109 hommes du premier bataillon de choc.

Jolly Rogers du Rubis

 


Propagande en 1945

Propagande pour les sous-marins en septembre 1945 :  « La vie à bord d’un sous-marin en opérations »

Collection Philippe Nouris

 

« Auteur JLC »